Guide pratique pour les parents
Enfants de 4 à 15 ans — Fondé sur les neurosciences
Partie 1 — Comprendre les troubles DYS
Partie 2 — Exercices pratiques
Partie 3 — Jeux et activités ludiques
Comprendre les troubles DYS
Les troubles DYS sont des troubles neurodéveloppementaux d’origine neurobiologique. Ils affectent des fonctions cognitives spécifiques — lecture, écriture, calcul, coordination, langage — chez des enfants d’intelligence normale, sans déficit sensoriel ni carence éducative.
Le préfixe « dys- » vient du grec et signifie « difficulté » ou « dysfonctionnement ». Ces troubles touchent environ 6 à 8 % des enfants en âge scolaire, soit en moyenne 1 à 2 enfants par classe.
Il est essentiel de comprendre que les troubles DYS ne sont pas liés à un manque d’effort, de volonté ou d’intelligence. Un enfant dyslexique qui lutte pour lire fait en réalité un effort cognitif bien supérieur à celui d’un lecteur typique.
Point neurosciences
L’imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle) montre que les enfants DYS présentent des différences structurelles et fonctionnelles dans certaines régions du cerveau. Ces différences sont présentes dès la naissance et ne résultent pas d’une mauvaise éducation.
Grâce aux avancées en neurosciences cognitives, nous comprenons mieux les mécanismes cérébraux des troubles DYS :
La plasticité cérébrale est le concept le plus encourageant pour les parents. Le cerveau est capable de créer de nouvelles connexions neuronales tout au long de la vie. Les exercices répétés et adaptés permettent de développer des voies neuronales alternatives pour compenser les zones en difficulté.
Les réseaux neuronaux impliqués :
Ce que cela signifie pour votre enfant
Un entraînement régulier et ciblé (15–20 minutes par jour) peut provoquer des changements mesurables dans l’activité cérébrale en quelques semaines. La répétition, la multi-sensorialité et le plaisir sont les trois clés de la rééducation.
Définition :
La dyslexie est un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture, caractérisé par des difficultés à identifier les mots de façon fluide et précise, et par de faibles compétences en décodage et en orthographe.
Elle touche 5 à 10 % des enfants, avec un rapport garçons/filles de 2:1 à 3:1.
Origine neurologique :
L’IRM fonctionnelle montre une sous-activation des régions temporo-pariétales gauches (zone de conversion graphème-phonème) et une sur-activation des zones frontales (effort compensatoire).
La théorie phonologique est la plus validée : les enfants dyslexiques ont un déficit dans le traitement des sons du langage.
Neurosciences
Le gyrus angulaire, situé à la jonction temporo-pariétale, est la zone clé de la conversion lettres → sons. Chez les dyslexiques, cette zone est moins active, forçant le cerveau à recruter des zones frontales (plus lentes) pour compenser.
Signes d’alerte :
Repérer la dyslexie tôt permet une prise en charge efficace grâce à la plasticité cérébrale.
Définition :
Trouble spécifique de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe. Souvent associée à la dyslexie, mais peut exister de manière isolée.
Origine neurologique :
Mêmes régions cérébrales que la dyslexie, avec un déficit supplémentaire dans le lexique orthographique — la « bibliothèque mentale » de la forme visuelle des mots, stockée dans le gyrus fusiforme gauche.
Neurosciences
Le gyrus fusiforme gauche contient la « Visual Word Form Area » (VWFA), qui stocke la représentation visuelle de chaque mot connu. Chez les dysorthographiques, cette zone est moins spécialisée.
Signes d’alerte :
Définition :
Trouble spécifique de l’apprentissage des nombres et du calcul. Concerne la compréhension des quantités, la numération, la mémorisation des faits arithmétiques et le raisonnement mathématique.
Origine neurologique :
Le sillon intrapariétal (SIP) est la zone clé du « sens du nombre ». Chez les dyscalculiques, cette région montre une activité réduite et une connectivité atypique avec le cortex préfrontal.
Neurosciences
Le sillon intrapariétal code la représentation analogique des quantités (une sorte de « ligne numérique mentale »). Quand cette zone dysfonctionne, l’enfant n’a pas d’intuition numérique et doit tout calculer consciemment.
Signes d’alerte :
Définition :
Trouble de la planification et de la coordination des mouvements volontaires. L’enfant a une intelligence normale mais ses gestes sont maladroits, lents ou imprécis.
Origine neurologique :
Dysfonctionnement dans les circuits reliant le cortex prémoteur, les ganglions de la base et le cervelet. Ces structures gèrent l’apprentissage moteur, l’automatisation des gestes et la coordination spatio-temporelle.
Neurosciences
Le cervelet contient plus de 50 % des neurones du cerveau. Il est responsable de l’automatisation : transformer un geste conscient en geste automatique. Quand il dysfonctionne, chaque geste reste coûteux en attention.
Signes d’alerte :
Définition :
Trouble structurel et durable du développement du langage oral. Peut toucher la compréhension (versant réceptif), la production (versant expressif), ou les deux.
Prévalence : 1 à 2 % (formes sévères), jusqu’à 7 % en incluant les formes légères.
Origine neurologique :
Anomalies dans le réseau périsylvien gauche, impliquant l’aire de Broca (production) et l’aire de Wernicke (compréhension). Des différences dans la matière blanche (faisceau arqué) ralentissent la transmission entre les zones du langage.
Neurosciences
Le faisceau arqué est l’« autoroute » qui relie la compréhension à la production du langage. Chez les dysphasiques, cette autoroute est moins développée, créant un décalage entre ce que l’enfant comprend et ce qu’il arrive à dire.
Signes d’alerte :
Définition :
Trouble de l’acquisition et de la réalisation du geste graphique. L’écriture est lente, douloureuse, illisible ou excessivement fatigante, malgré un enseignement adapté.
Origine neurologique :
Dysfonctionnement dans la boucle motrice reliant le cortex moteur primaire, le cortex prémoteur et le cervelet. L’automatisation du geste d’écriture, normalement entre 7 et 9 ans, ne se produit pas ou reste incomplète.
Neurosciences
L’écriture automatique libère la mémoire de travail pour le contenu. Sans automatisation, l’enfant utilise toute sa capacité cognitive pour former les lettres, ce qui explique que ses textes soient souvent plus pauvres que ses idées orales.
Signes d’alerte :
Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité n’est pas un trouble DYS à proprement parler, mais il est très souvent associé (30 à 50 % de comorbidité avec la dyslexie).
Origine neurologique : Déficit en dopamine et noradrénaline dans le cortex préfrontal, affectant les fonctions exécutives : attention, inhibition, mémoire de travail, flexibilité cognitive.
La présence d’un TDA/H aggrave considérablement l’impact des troubles DYS car l’enfant manque des ressources attentionnelles nécessaires pour compenser ses difficultés. Il est donc crucial de prendre en charge les deux troubles simultanément.
Dans 40 à 50 % des cas, un enfant porteur d’un trouble DYS présente au moins un autre trouble associé. C’est la règle plutôt que l’exception.
Associations les plus fréquentes :
Pourquoi les comorbidités sont fréquentes
Les neurosciences montrent que les fonctions cognitives partagent des réseaux neuronaux communs. Un développement atypique dans une zone du cerveau peut affecter plusieurs fonctions qui dépendent du même circuit. C’est pourquoi une approche globale, qui tient compte de l’ensemble du profil de l’enfant, est plus efficace qu’une rééducation ciblée sur un seul trouble.
Presque tous les parents d’enfants DYS traversent la culpabilité : « J’aurais dû voir plus tôt », « C’est peut-être ma faute ». Ce sentiment est universel, compréhensible — et infondé. Vous n’êtes pas la cause du trouble de votre enfant. Vous êtes la solution.
Pourquoi on se sent coupable :
La culpabilité parentale face aux troubles DYS est l’un des sentiments les plus fréquents et les plus silencieux. Elle naît souvent au moment du diagnostic, ou même bien avant, quand les premières difficultés apparaissent.
« Est-ce que je n’ai pas assez lu avec lui ? », « J’aurais dû consulter plus tôt », « Peut-être que j’ai trop poussé ou pas assez » — ces pensées tournent en boucle.
Cette culpabilité est nourrie par la pression sociale (« un bon parent = un enfant qui réussit à l’école »), la comparaison avec d’autres familles, et parfois des remarques maladroites de l’entourage ou des enseignants.
Ce que dit la science :
Les troubles DYS sont d’origine neurologique et souvent génétique. Ils ne sont causés ni par un manque de stimulation, ni par un style parental particulier, ni par le temps d’écran, ni par une alimentation.
Le cerveau d’un enfant DYS est structurellement différent dans certaines zones (gyrus angulaire, sillon intrapariétal, faisceau arqué...). Ces différences sont présentes dès la naissance.
Aucune étude n’a jamais démontré un lien entre les pratiques éducatives des parents et l’apparition d’un trouble DYS. Vous n’avez rien fait de mal.
Neurosciences
L’imagerie cérébrale (IRM) montre que les différences neurologiques associées aux troubles DYS sont détectables dès la naissance, bien avant toute influence éducative. Les gènes impliqués (DYX1C1, DCDC2, KIAA0319) sont identifiés depuis les années 2000.
Vous n’êtes pas en retard :
Beaucoup de parents se reprochent de ne pas avoir agi plus tôt. Mais la réalité est que les troubles DYS sont souvent difficiles à identifier avant 6-7 ans, et certains diagnostics ne se posent qu’à 8-9 ans.
Le cerveau de l’enfant reste plastique pendant toute l’enfance et l’adolescence. Il n’est jamais trop tard pour commencer un accompagnement.
Le simple fait que vous cherchiez de l’aide montre que vous êtes exactement le parent dont votre enfant a besoin.
Le piège de la surcompensation :
Quand la culpabilité s’installe, elle peut mener à des comportements contre-productifs : surprotection, heures de devoirs forcés, multiplication des rendez-vous thérapeutiques, ou au contraire évitement du sujet.
Votre enfant ne vous demande pas d’être parfait. Il a besoin d’un parent présent, patient et bienveillant — pas d’un parent épuisé par la culpabilité.
Prendre soin de vous n’est pas égoïste. C’est nécessaire.
Transformer la culpabilité en force :
La culpabilité est un signal : elle montre que vous aimez votre enfant et que vous voulez le meilleur pour lui. Mais elle n’est utile que si elle se transforme en action.
Plutôt que « J’aurais dû... », essayez « À partir de maintenant, je... ». Ce changement de perspective fait toute la différence.
Exercices pour les parents :
Écrivez-vous une lettre comme si vous parliez à votre meilleur ami dans la même situation. Que lui diriez-vous ? Probablement pas « c’est ta faute ». Relisez cette lettre quand la culpabilité revient.
Neurosciences : L’auto-compassion active les mêmes circuits cérébraux (insula antérieure, cortex cingulaire) que la compassion envers autrui. Écrire désactive le mode menace et active le mode apaisement.
Chaque soir, notez 3 moments positifs avec votre enfant dans la journée. Pas forcément liés aux apprentissages : un fou rire, un câlin, une phrase drôle. Cela recalibre votre regard.
Accordez-vous 20 minutes par jour sans penser aux devoirs, aux rendez-vous ou aux progrès. Lisez, marchez, respirez. Un parent reposé est un parent plus patient et plus créatif.
Parlez à d’autres parents d’enfants DYS (en ligne ou en présentiel). Découvrir que d’autres vivent exactement la même chose est libérateur. Vous n’êtes pas seul.
Quand une pensée culpabilisante apparaît, posez-vous 3 questions : Est-ce un fait ou une interprétation ? Est-ce que je dirais ça à un autre parent ? Quelle serait une pensée plus juste ?
Neurosciences : La restructuration cognitive est une technique validée en TCC (thérapie cognitive et comportementale). Elle affaiblit les connexions neuronales de la pensée automatique en créant des alternatives.
Exercices pratiques à la maison et à l'école
Principes neuroscientifiques de la rééducation
Essentielle pour la dyslexie et la dysorthographie. Base de l’apprentissage de la lecture.
L’enfant parle « comme un robot » en découpant les mots en syllabes : « cho-co-lat », « pa-pi-llon ». Taper dans les mains pour chaque syllabe.
Variante : Compter les syllabes avec des Lego (1 brique = 1 syllabe). Comparer quels mots sont « plus longs ».
Choisir un son (ex : [a]). L’enfant doit trouver dans la pièce (ou sur des images) tous les objets contenant ce son. Augmenter la difficulté : son en début, milieu ou fin de mot.
Dire un mot en enlevant un son : « Que reste-t-il si j’enlève le [p] de ‘porte’ ? » → « orte ». Commencer par enlever le premier son, puis le dernier, puis un son au milieu.
Chanter une comptine et demander à l’enfant de trouver un mot qui rime : « bateau » rime avec ? « chapeau, gâteau, manteau... ». Créer des poèmes absurdes ensemble.
L’adulte prononce des sons séparés : « m...a...m...a...n ». L’enfant doit deviner le mot. Commencer avec 2 sons et augmenter progressivement.
Donner une série de mots qui commencent par la même syllabe, plus un intrus : « maman, maison, mardi, papier ». L’enfant trouve l’intrus et explique pourquoi.
Pour la dyslexie. Renforcer la voie d’assemblage et la voie d’adressage.
Préparer des cartes avec des syllabes simples (pa, mi, lo, tu), puis des syllabes complexes (bra, plon, tri), puis des mots fréquents. Montrer brièvement la carte (2–3 secondes). L’enfant doit lire à voix haute. Objectif : automatiser la reconnaissance.
À l'école : L’enseignant peut préparer un diaporama avec un mot par diapositive, rythme progressif.
L’adulte et l’enfant lisent ensemble à voix haute, au même rythme. L’adulte module sa voix pour donner le modèle de fluence. Progressivement, l’adulte baisse le volume pour laisser l’enfant prendre le relais.
Alterner les syllabes en couleurs dans un texte pour aider le décodage en rendant visible la structure syllabique. De nombreux outils gratuits existent en ligne.
À l'école : Fournir les textes en version colorée comme aménagement. Police OpenDyslexic ou Lexie Readable.
Préparer un texte avec des mots manquants. L’enfant doit deviner le mot grâce au contexte avant de le lire. Cela développe la voie d’adressage (prédiction).
L’enfant s’enregistre en train de lire, puis s’écoute. Cela développe l’auto-correction et réduit l’anxiété de lecture. Comparer les enregistrements d’un mois à l’autre pour voir les progrès.
L’enfant lit un court texte (30 secondes). On compte les mots lus correctement. On relit le même texte 3 fois dans la semaine. L’enfant voit ses propres progrès. Ne jamais comparer avec d’autres enfants.
Pour la dysorthographie et la dysgraphie.
Former les lettres avec de la pâte à modeler, du sable, de la mousse à raser sur une table. Le canal tactile et kinesthésique renforce la mémorisation de la forme des lettres.
Jour 1 : L’enfant lit le texte et surligne les mots difficiles. Jour 2 : Il épelle les mots difficiles à voix haute. Jour 3 : Il les écrit en l’air avec le doigt (grands mouvements). Jour 4 : Dictée. Les mots préparés sont généralement réussis → renforcement positif.
Pour chaque règle d’orthographe, créer une carte mentale colorée avec des exemples et des dessins. Ex : la règle du « m devant m, b, p » avec un dessin de bombe, de pompe, etc.
Avant d’écrire : faire rouler une balle entre les doigts, ouvrir/fermer les mains rapidement, faire des ombres chinoises. 2–3 minutes pour « échauffer » la main et réduire la tension musculaire.
À l'école : Proposer en début de séance d’écriture pour toute la classe.
Former les lettres avec tout le corps. Le « A » = jambes écartées, bras qui se touchent. La mémoire corporelle est une des plus puissantes formes de mémoire.
Au lieu d’écrire, l’enfant choisit entre 3 orthographes proposées : « fenaitre / fenêtre / fenatre ». Réduit la charge motrice et permet de travailler la reconnaissance orthographique.
Pour la dyscalculie. Construire le sens du nombre par la manipulation.
Cuisiner ensemble : mesurer 200g de farine, couper en 4 parts égales, doubler une recette. Les mathématiques concrètes activent le sens du nombre de façon bien plus efficace que les exercices abstraits.
Utiliser des haricots secs (ou boutons, perles) pour représenter les nombres. « Montre-moi 7 haricots. Enlève 3, combien reste-t-il ? » Passer du concret (haricots) au semi-concret (dessins) puis à l’abstrait (chiffres).
Dessiner une ligne numérique au sol (scotch). L’enfant se place sur un nombre et avance/recule pour calculer. Le mouvement ancre la compréhension des opérations dans le corps.
Mettre les tables de multiplication en chanson ou en rap. La mémoire auditive et musicale (lobe temporal droit) compense les difficultés de la mémoire sémantique. De nombreuses vidéos existent en ligne.
Jouer à la marchande avec de vraies pièces. Rendre la monnaie, calculer le total. Augmenter progressivement : d’abord des prix ronds, puis des décimaux.
Avant chaque calcul, demander à l’enfant d’estimer le résultat. « 48 + 23, c’est environ combien ? » Cela développe le « sens du nombre » et permet de détecter les erreurs grossières.
Pour la dyspraxie et la dysgraphie. Travail de la motricité fine et globale.
Créer un parcours avec des coussins (marcher dessus), une corde (marcher en équilibre), des cerceaux (sauter dedans), un tunnel (passer dessous une table). 10 minutes par jour améliorent considérablement la coordination.
Imprimer des labyrinthes de difficulté croissante. L’enfant trace le chemin au crayon sans toucher les bords. Excellent pour la motricité fine et la planification visuospatiale.
Lego, Kapla, puzzle : ces jeux travaillent la coordination œil-main, la planification et la représentation spatiale. Commencer par des modèles simples avec photo, puis augmenter la complexité.
Lancer une balle contre un mur et la rattraper. Puis alterner les mains. Puis taper dans les mains avant de rattraper. Chaque étape ajoute une couche de coordination et de timing.
À l'école : Intégrer dans les séances d’EPS, en jeux de coopération plutôt qu’en compétition.
Découper des formes de plus en plus complexes : lignes droites, courbes, spirales, formes. Coller pour créer un collage artistique. Le résultat esthétique motive l’enfant à persévérer.
Transversal à tous les troubles DYS. La mémoire de travail est le « tableau blanc » du cerveau.
« Je vais au marché et j’achète... des pommes. » « Je vais au marché et j’achète des pommes et... du pain. » Chaque joueur ajoute un élément. La visualisation mentale aide : imaginer les objets dans un lieu connu.
Taper une séquence de rythme (sur la table) que l’enfant reproduit. Commencer par 2 frappes, augmenter jusqu’à 6–7. Variante : utiliser des couleurs (montrer une séquence de cartes colorées à reproduire).
Dire un mot court et le faire épeler à l’envers : « chat » → « T-A-H-C ». Commencer par 3 lettres, augmenter. Cet exercice sollicite intensément la mémoire de travail.
Donner 2 consignes, puis 3, puis 4 : « Touche ton nez, fais un tour et assieds-toi. » L’enfant doit mémoriser la séquence et l’exécuter dans l’ordre.
À l'école : L’enseignant peut utiliser cette technique pour les consignes quotidiennes, en augmentant progressivement.
Jouer au Memory classique, mais quand l’enfant retourne une carte, il doit dire à voix haute où il a vu la paire auparavant. Verbaliser la position aide à fixer le souvenir.
Pour le TDA/H et tous les troubles DYS. Apprendre à planifier, organiser, inhiber.
Créer un emploi du temps visuel avec des images (petits) ou des post-it colorés (grands). Chaque tâche est représentée visuellement. L’enfant déplace un curseur au fil de la journée. Réduit l’anxiété et améliore l’autonomie.
10 minutes de travail concentré → 3 minutes de pause → 10 minutes → pause. Un minuteur visuel (Time Timer) aide l’enfant à « voir » le temps. Augmenter progressivement les périodes de travail.
À l'école : Permettre à l’enfant d’utiliser un Time Timer sur son bureau.
Pour les routines (matin, devoirs, coucher), créer une liste avec des images que l’enfant coche. L’automatisation des routines libère les fonctions exécutives pour les tâches plus complexes.
Musique → l’enfant danse. Silence → il s’arrête immédiatement. Travaille l’inhibition, compétence essentielle souvent déficitaire dans le TDA/H. Variantes : faire le contraire de ce qu’on dit (« si je dis levé, tu t’assieds »).
Apprendre à l’enfant à découper un devoir en petites étapes : « 1. Lire la consigne. 2. Surligner les mots importants. 3. Chercher dans la leçon. 4. Écrire la réponse. 5. Relire. » Écrire les étapes sur un post-it.
Transversal et essentiel. Un enfant DYS vit en moyenne 5 fois plus de situations d’échec par jour qu’un enfant typique.
Chaque soir, l’enfant note ou dessine 3 choses qu’il a réussies dans la journée (même petites). Cela recalibre le cerveau qui a tendance à ne retenir que les échecs (biais de négativité).
Inspirer par le nez (le dragon aspire de l’air), gonfler le ventre, puis souffler lentement par la bouche (le dragon crache du feu). 3 respirations avant un contrôle ou une tâche difficile. Active le nerf vague et réduit le cortisol (hormone du stress).
Remplacer « je suis nul » par « c’est difficile pour moi mais je progresse ». Entraîner l’enfant à identifier ses pensées négatives et les reformuler. Le cerveau ne fait pas la différence entre ce qu’on se dit et ce qu’on nous dit.
Dessiner un thermomètre à émotions (de « calme » à « explosion »). L’enfant pointe son niveau. Chaque niveau a une stratégie associée : niveau 3 = respiration, niveau 4 = pause, niveau 5 = demander de l’aide.
« Tu as travaillé dur » plutôt que « tu es intelligent ». Les neurosciences (Carol Dweck, growth mindset) montrent que féliciter l’effort développe la résilience, tandis que féliciter le talent crée une peur de l’échec.
Jeux et activités ludiques
10 jeux amusants spécialement conçus pour les enfants DYS — jouables à la maison en famille
Matériel : Cartes avec des syllabes écrites en gros (PA, MA, RI, TO, CHE, LON, etc.)
Règles : Distribuer les cartes face cachée. Chaque joueur retourne une carte en même temps et lit la syllabe à voix haute. Le premier qui combine les deux syllabes pour former un vrai mot gagne les cartes. Ex : « MA » + « RI » = « MARI » ou « RIME ».
Variante avancée : Utiliser 3 cartes pour former des mots plus longs.
Compétences travaillées : conscience phonologique, décodage, rapidité de lecture.
Matériel : Grilles de bingo avec des images, jetons, cartes avec des sons écrits.
Préparation : Créer des grilles 4×4 avec des images d’objets (chat, pomme, maison, etc.). Préparer des cartes avec des sons : [ch], [on], [ai], [ou], etc.
Règles : L’adulte tire une carte son. Les joueurs placent un jeton sur une image dont le nom contient ce son. Premier à compléter une ligne gagne.
Compétences travaillées : discrimination auditive, phonèmes complexes, attention.
Matériel : Cartes avec un mot à faire deviner et 3 mots interdits.
Règles : Le joueur doit faire deviner le mot écrit sur sa carte SANS utiliser les mots interdits. Ex : faire deviner « ÉCOLE » sans dire « classe, maître, apprendre ».
Pourquoi c’est bon pour les DYS : Enrichit le vocabulaire, travaille l’accès lexical (souvent déficitaire chez les dysphasiques), et développe la flexibilité cognitive.
Matériel : Un plateau de jeu (piste avec des cases), 2 dés, des pions, des cartes défi.
Règles : Lancer les 2 dés. Avant d’avancer, l’enfant doit additionner les deux dés (ou les multiplier pour les plus grands). S’il tombe sur une case « Défi », il pioche une carte : « Quel nombre vient après 29 ? », « Compte à rebours depuis 15 », « Combien font 3×4 ? »
Compétences travaillées : calcul mental, sens du nombre, subitisation (reconnaissance instantanée des quantités sur le dé).
Matériel : Cartes avec des lettres.
Règles : Tirer une carte lettre. Le joueur doit former la lettre avec son corps (debout). Les autres devinent la lettre. Bonus : après avoir deviné, tout le monde dit un mot qui commence par cette lettre.
Variante : Former les lettres à deux (les grands avec les petits). Photographier les lettres pour créer un alphabet corporel personnalisé.
Compétences travaillées : mémoire de la forme des lettres (canal kinesthésique), conscience phonémique, motricité globale.
Matériel : Textes courts avec des erreurs cachées (5 à 10 erreurs).
Règles : L’enfant est un « détective de l’orthographe ». Il doit trouver et corriger toutes les erreurs dans le texte. Utiliser une loupe en plastique pour rendre le jeu plus amusant. Chronométrer pour un défi personnel.
Astuce : L’enfant peut aussi écrire un texte avec des erreurs volontaires que le parent doit trouver. Inverser les rôles est très motivant.
Compétences travaillées : relecture, orthographe, attention aux détails.
Matériel : Ruban adhésif de couleur, cartes consignes.
Préparation : Créer un labyrinthe au sol avec du scotch coloré. Placer des « étapes » avec des petits défis.
Règles : L’enfant traverse le labyrinthe. À chaque étape, il pioche une carte : « Dis 3 mots qui riment avec 'mur' », « Fais 5 sauts sur un pied », « Compte à rebours de 20 à 0 », « Épelle le mot MAISON ».
Compétences travaillées : planification visuospatiale, motricité, intégration multi-compétences.
Matériel : Paires de cartes avec des mots contraires (grand/petit, chaud/froid, monter/descendre, etc.) illustrés pour les plus jeunes.
Règles : Comme un Memory classique, mais il faut associer les contraires. Quand on retourne une carte, on doit lire le mot à voix haute. Bonus si on fait une phrase avec les deux mots.
Variante : Memory des synonymes, des familles de mots, ou des rimes pour les plus grands.
Compétences travaillées : vocabulaire, mémoire de travail, lecture, catégorisation sémantique.
Matériel : Grandes feuilles de papier avec des lettres écrites (ou un Twister modifié), une roue ou des cartes consignes.
Règles : Disposer les lettres au sol. La consigne dit : « Main droite sur le B, pied gauche sur le S. » Quand l’enfant touche une lettre, il doit dire un mot qui commence par cette lettre.
Variante : Avec des chiffres pour travailler le calcul : « Main droite sur le 3, pied gauche sur le 5. Combien font 3+5 ? »
Compétences travaillées : connaissance des lettres/chiffres, motricité globale, équilibre, rapidité d’accès lexical.
Matériel : Un beau carnet, des crayons de couleur, des autocollants, de la colle, des magazines à découper.
Règles : Chaque semaine, l’enfant crée une page dans son journal. Il peut :
Pourquoi c’est puissant : L’écriture devient un acte de plaisir et d’expression personnelle, pas une punition scolaire. L’enfant choisit le contenu, ce qui active la motivation intrinsèque (circuit de la récompense). Le format libre (dessin + texte) s’adapte à tous les niveaux.
Si vous lisez ce guide, c’est que vous cherchez à comprendre et à aider votre enfant. C’est déjà énorme.
Les troubles DYS ne définissent pas votre enfant. Albert Einstein était probablement dyslexique. Léonard de Vinci était dysgraphique. Steven Spielberg est dyslexique diagnostiqué. Ces exemples ne sont pas des exceptions : ils montrent que le cerveau DYS, quand il est compris et soutenu, peut devenir une force créative extraordinaire.
Les neurosciences nous montrent trois choses rassurantes :
Soyez patient. Soyez bienveillant. Célébrez chaque petit progrès. Et n’hésitez pas à demander de l’aide — vous n’êtes pas seul.
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